Faut-il internaliser ou externaliser la direction informatique d’une PME ? En règle générale, en dessous de 200 salariés et sans besoin de présence informatique quotidienne, un DSI à temps partagé est plus pertinent qu’un recrutement. Au-delà, avec un système d’information complexe et une équipe informatique à manager, l’internalisation se justifie. Entre les deux, le modèle hybride est le plus fréquent.
C’est l’une des questions que les dirigeants de PME me posent le plus souvent : « Vaut-il mieux recruter un responsable informatique ou un DSI interne, ou continuer à externaliser ? » Il n’y a pas de réponse universelle, mais il existe une méthode pour décider, et des erreurs classiques à éviter dans les deux directions.
En plus de 20 ans de carrière, j’ai exercé les deux rôles : DSI interne dans des groupes industriels, d’enseignement supérieur et de communication internationale, puis, depuis 2019, DSI à temps partagé pour des PME et des ETI à Lyon, en Auvergne-Rhône-Alpes et partout en France. Cette double expérience me permet de vous donner une réponse honnête : pas celle qui m’arrange commercialement, mais celle qui correspond à votre situation.
L’essentiel en bref
| Situation | Option la plus adaptée |
|---|---|
| Moins de 100 salariés, système d’information standard | Externaliser : DSI à temps partagé, quelques jours par mois |
| 100 à 200 salariés, un responsable informatique en place | Hybride : responsable informatique interne + DSI à temps partagé |
| Plus de 200 salariés, système d’information complexe, équipe informatique de plus de 3 personnes | Internaliser : recruter un DSI |
| Départ imprévu du DSI, crise, fusion | DSI de transition, puis l’une des trois options ci-dessus |
Ce que couvre vraiment la fonction informatique dans une PME
Avant de décider d’internaliser ou d’externaliser, il faut clarifier ce dont vous avez réellement besoin. La fonction informatique d’une PME couvre trois niveaux très différents, et la confusion entre ces niveaux est la principale source d’erreur de décision :
- Le niveau opérationnel : support utilisateurs, maintenance du parc, gestion des incidents, prestataires techniques. C’est le quotidien : chronophage, visible quand ça ne marche pas, invisible quand ça fonctionne.
- Le niveau projet : déploiement d’un ERP, migration vers le cloud, refonte du système d’information, cybersécurité. C’est ponctuel, structurant, et cela exige une expertise spécifique à chaque projet.
- Le niveau stratégique : schéma directeur, gouvernance, alignement du système d’information sur les objectifs de croissance, pilotage du budget informatique, gestion des risques. C’est le rôle du DSI, et c’est souvent ce qui manque le plus dans les PME.
La plupart des PME ont organisé leur niveau opérationnel : prestataire d’infogérance, responsable informatique interne, ou les deux. Ce qui manque presque systématiquement, c’est le niveau stratégique. C’est précisément là que la question « internaliser ou externaliser » prend tout son sens.
Les arguments pour l’internalisation
Recruter un DSI ou un responsable informatique interne présente des avantages réels dans certains contextes :
- Présence quotidienne : un DSI interne est disponible immédiatement, connaît les équipes et participe aux réunions de direction. Pour les entreprises où l’informatique est au cœur de l’activité (e-commerce, services numériques, production très automatisée), cette présence quotidienne a une vraie valeur.
- Connaissance approfondie du contexte : après 12 à 18 mois en poste, un bon DSI interne connaît l’entreprise dans ses détails : culture, historique, personnes clés, points de friction. Cette connaissance intime est difficile à reproduire en externe.
- Engagement dans la durée : un DSI interne peut construire une vision informatique à 5 ou 10 ans et accompagner la croissance de l’entreprise sans rupture de continuité.
- Management direct d’une équipe informatique : si vous avez une équipe informatique de plusieurs personnes, un manager interne est souvent plus efficace qu’un manager externe à temps partiel pour le management quotidien.
Quand l’internalisation s’impose : votre entreprise dépasse 200 à 300 salariés avec un système d’information complexe, votre activité exige une présence informatique quotidienne, vous avez plus de 3 personnes à manager dans l’équipe informatique, ou vous préparez une transformation majeure sur plusieurs années qui justifie un pilotage interne continu.
Les arguments pour l’externalisation
L’externalisation, qu’il s’agisse d’un DSI à temps partagé ou d’un DSI de transition, répond à des besoins différents et présente des avantages souvent sous-estimés :
- Expertise immédiate, sans délai de recrutement : un DSI à temps partagé est opérationnel en 2 à 3 semaines. Le recrutement d’un DSI interne prend 3 à 6 mois, avec le risque que le profil ne corresponde pas une fois en poste.
- Coût ajusté aux besoins réels : vous payez les jours dont vous avez besoin, sans charges fixes sur 12 mois pour un poste utile à temps partiel. Dans une PME de 80 salariés, un DSI interne à 90 000 € brut par an représente un coût total d’environ 130 000 € avec les charges patronales. Un DSI à temps partagé coûte une fraction de ce montant, pour un niveau d’expertise équivalent. Le détail chiffré est dans l’article combien coûte un DSI à temps partagé.
- Regard extérieur objectif : un DSI externalisé challenge les habitudes, les prestataires et les décisions sans les biais d’un salarié interne. Il n’a pas d’enjeu politique interne, seulement un objectif de résultat.
- Flexibilité selon les phases : le rythme d’intervention s’adapte, avec peu de jours en régime de croisière et davantage pendant un projet structurant ou une crise. Un DSI interne à temps plein coûte le même prix quelle que soit l’intensité de l’activité informatique.
- Expérience multisectorielle : un DSI externalisé qui intervient dans plusieurs entreprises transpose les bonnes pratiques d’un secteur à l’autre, un apport difficile à acquérir pour un DSI interne centré sur un seul contexte.
Quand l’externalisation s’impose : votre entreprise compte moins de 200 salariés, votre système d’information ne nécessite pas de présence informatique quotidienne, vous traversez une période de transformation intense mais ponctuelle, vous n’avez pas le budget pour recruter un profil senior à temps plein, ou vous voulez une expertise immédiate sans risque de recrutement.
Les erreurs classiques dans les deux directions
Les erreurs de l’internalisation
- Recruter un profil trop technique pour un rôle stratégique. Un excellent administrateur système ne fait pas nécessairement un bon DSI. Le DSI parle business, pas uniquement technique. Cette confusion de profil est, dans mon expérience, la première cause d’échec des recrutements informatiques en PME.
- Recruter sans avoir défini le périmètre du poste. « On verra ce qu’il sait faire » est une approche coûteuse. Sans cahier des charges précis (missions, responsabilités, indicateurs de succès), le recrutement produit rarement le résultat attendu.
- Isoler le DSI de la direction générale. Un DSI qui ne siège pas au comité de direction ou qui ne rend pas compte directement au dirigeant ne peut pas jouer un rôle stratégique. Il devient un responsable technique de plus, et ce n’est pas ce dont vous avez besoin.
Les erreurs de l’externalisation
- Confondre prestataire d’infogérance et DSI externalisé. Un prestataire d’infogérance gère votre infrastructure. Un DSI à temps partagé pilote votre stratégie informatique. Ce ne sont ni les mêmes profils, ni les mêmes missions, ni les mêmes résultats attendus.
- Tenir le DSI externalisé à l’écart des décisions stratégiques. Si votre DSI à temps partagé n’est consulté que pour des problèmes techniques, vous sous-utilisez sa valeur. Il doit participer aux réflexions sur la croissance, les acquisitions, les nouveaux marchés : partout où le système d’information a un impact.
- Choisir le moins cher sans évaluer l’expertise. Un DSI externalisé à 400 € par jour qui ne connaît pas votre secteur et n’a jamais conduit de projet ERP ni géré de crise de cybersécurité vous coûtera plus cher qu’un profil senior à 900 € par jour qui règle les problèmes dès le premier mois. Les fourchettes de tarifs du marché sont détaillées dans l’article sur le coût d’un DSI à temps partagé.
La grille de décision : 5 questions à se poser
- Quelle est la taille de votre entreprise et la complexité de votre système d’information ?
Moins de 100 salariés avec un système d’information standard : externalisation. Plus de 200 salariés avec un système d’information complexe et une équipe informatique interne : internalisation à envisager. Entre les deux : DSI à temps partagé, avec un responsable informatique interne pour l’opérationnel. - Votre informatique exige-t-elle une présence quotidienne ?
Si votre activité s’arrête dès qu’un système tombe, si vos équipes dépendent en permanence de l’informatique ou si votre production est automatisée, la présence quotidienne a de la valeur. Sinon, quelques jours par mois suffisent pour le pilotage stratégique. - Avez-vous le budget pour recruter le bon profil ?
Un bon DSI interne pour une PME de 150 salariés coûte entre 80 000 et 110 000 € brut par an, soit environ 115 000 à 160 000 € charges patronales comprises. Si ce budget n’est pas disponible, vous recruterez un profil trop junior et vous aurez les contraintes d’un DSI sans ses bénéfices. Pour comparer avec un DSI externalisé, voir combien coûte un DSI à temps partagé. - Êtes-vous en phase de transformation ou de croisière ?
En phase de transformation intense (ERP, cloud, cybersécurité, croissance rapide), un DSI à temps partagé ou de transition apporte l’expertise immédiate. En régime de croisière avec des enjeux informatiques stables, le choix est plus ouvert. - Avez-vous déjà un responsable informatique interne ?
Si oui, la bonne question n’est peut-être pas « internaliser ou externaliser », mais « comment lui apporter le pilotage stratégique qui lui manque ». C’est précisément le rôle d’un DSI à temps partagé, à la fois directeur et coach.
La solution que j’applique le plus souvent en PME
Dans la majorité des PME de 50 à 200 salariés que j’accompagne, la réponse n’est ni l’un ni l’autre : c’est un modèle hybride.
Responsable informatique interne
L’opérationnel quotidien : support, parc, prestataires techniques, incidents.
DSI à temps partagé
Le pilotage stratégique : schéma directeur, gouvernance, projets structurants, budget, cybersécurité, reporting à la direction.
Ce modèle donne à l’entreprise le meilleur des deux mondes : une présence opérationnelle quotidienne au coût d’un profil intermédiaire, et une expertise stratégique senior sans les charges d’un recrutement à temps plein.
C’est aussi le modèle qui prépare le mieux une future internalisation : quand l’entreprise atteint la taille qui la justifie, le responsable informatique a progressé, et le DSI à temps partagé a construit le socle stratégique sur lequel le futur DSI interne pourra s’appuyer.
Vous hésitez entre les deux options ?
Un premier échange de 30 minutes suffit pour analyser votre situation et vous donner une recommandation honnête, y compris si la conclusion est qu’un recrutement interne est la bonne option.
Questions fréquentes
Peut-on passer progressivement de l’externalisation à l’internalisation ?
Oui, c’est même la meilleure façon de procéder. Le DSI à temps partagé structure le système d’information et la gouvernance, et fait progresser le responsable informatique interne. Quand l’entreprise atteint la taille critique, le recrutement du DSI interne se fait sur un système d’information structuré, avec un profil de poste précis et un contexte maîtrisé. C’est beaucoup moins risqué qu’un recrutement sur un système d’information désorganisé.
L’externalisation crée-t-elle une dépendance vis-à-vis du prestataire ?
Le risque existe : c’est pourquoi la documentation et le transfert de compétences doivent être prévus au contrat dès le départ. Un bon DSI à temps partagé travaille à rendre l’entreprise autonome, pas dépendante. Si votre prestataire actuel ne vous donne pas accès à la documentation de votre système d’information, c’est un signal d’alarme.
Comment évaluer un DSI externalisé ?
Trois critères : sa capacité à parler business et pas uniquement technique, ses références sur des missions comparables à votre contexte (taille, secteur, enjeux), et sa façon de répondre lors du premier échange : est-il dans l’écoute ou dans la vente ? Voir l’offre de DSI à temps partagé d’AM Consulting.
Combien coûte un DSI externalisé par rapport à un DSI salarié ?
Un DSI à temps partagé est facturé en général entre 600 et 1 500 € HT par jour, soit 15 000 à 130 000 € HT par an pour 2 à 12 jours par mois. Un DSI salarié expérimenté coûte 110 000 à 190 000 € par an, charges comprises, sans compter le recrutement. Le calcul détaillé est dans l’article sur le coût d’un DSI à temps partagé.
Si je recrute un DSI interne, comment m’assurer que le profil est le bon ?
Faites évaluer les candidats par un DSI expérimenté, pas uniquement par les ressources humaines et la direction générale. L’évaluation technique et managériale d’un candidat DSI nécessite un regard de pair. C’est ce que propose le service de recrutement informatique d’AM Consulting.
